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| (Jamie Heiden photography) |
Café Gourmand composé d'un assortiment de toutes les littératures, généreusement saupoudré de coups de coeur et pimenté d'un grain de folie...
mercredi 29 septembre 2021
"Nord-Michigan" de Jim Harrison (10/18)
Jim Harrison (Grayling, Michigan, 1937 - Patagonia, Arizona, 2016) est considéré comme le chantre de la littérature américaine et l'un des plus importants écrivains des grands espaces. Scénariste pour Hollywood, critique gastronomique et littéraire, journaliste sportif et automobile, il est l'auteur d'une oeuvre considérable (poésies, romans, nouvelles, essais, autobiographie, littérature jeunesse), dans laquelle on compte de grands succès comme "Légendes d'automne" (recueil de nouvelles, 1979), "Dalva" (1988), "Un bon jour pour mourir" (1973).
L'histoire :
Juin 1956
Sa mère est décédée il y a un mois, dix ans après son père. A cause de sa jambe invalide, Joseph a dû mettre au repos la ferme familiale où il a toujours vécu, dans laquelle il a si durement travaillé avec ses parents, et où il a d'innombrables souvenirs avec ses trois soeurs, ses amis, et tous les animaux.
Depuis l'enfance, Joseph a une passion pour la mer. Il lit tous les livres et tous les magazines qui étudient les fonds marins, et il rêve de voir un jour l'océan. Mais, à quarante-trois ans, il n'a jamais quitté son trou perdu du Nord-Michigan. Depuis trente ans, il est amoureux de Rosealee, mais ne l'a toujours pas épousée. Depuis vingt-cinq ans, immuablement, il chasse la grouse à l'automne et pêche la truite au printemps. Depuis vingt-trois ans, il enseigne de son mieux à l'école de campagne pour les gosses de fermiers qui deviendront fermiers à leur tour. Joseph est apprécié de tous et mène une vie tranquille et fort peu aventureuse.
Alors que s'est-il passé, depuis la rentrée de septembre, pour qu'il ressente si violemment une telle lassitude de tout ce qui était sa raison d'être il y a encore quelques mois ? L'arrivée de Catherine a tout chamboulé. Elève de dernière année, jeune fille de dix-sept ans belle, épanouie, espiègle, sensuelle, provocante et libre, elle a bousculé sa routine monotone, elle a mis à nu son introversion et elle a éveillé en lui des sens dont il ignorait jusque là l'existence...
Mon avis :
Véritable ode à la Nature, à l'amour, aux femmes, à la littérature et en particulier à la poésie... Le personnage de Joseph est profondément touchant... Remarquable plume !!!
"Le dimanche matin, lendemain de sa rencontre avec Catherine, il alla s'asseoir au bord de l'étang pendant deux longues heures, pour observer les oiseaux et la quiétude de cette immobilité prolongée dans un environnement d'une telle beauté l'amena à se poser des questions fondamentales sur l'humanité. Il s'arrêta à l'idée que la vie n'était qu'une danse de mort, qu'il avait traversé trop rapidement le printemps et puis l'été et qu'il était déjà à mi-chemin de l'automne de sa vie. Il fallait vraiment qu'il s'en sorte un peu mieux parce que chacun sait à quoi ressemble l'hiver."
mercredi 22 septembre 2021
"Une journée d'automne" de Wallace Stegner (Gallmeister)
Wallace Stegner est né en 1909 à Lake Mills, dans l'Iowa. Romancier, nouvelliste, historien, professeur et militant écologiste, celui qu'on appelle souvent le "doyen des écrivains de l'Ouest" s'est imposé aussi bien à travers ses textes de fiction que ses essais.
Pendant son enfance, il vit notamment à Great Falls, dans le Montana, puis à Eastend dans le Saskatchewan (Canada). De manière générale, il déménage beaucoup à travers les Etats de l'Ouest américain - il dit plus tard avoir vécu "à vingt endroits, dans huit Etats et au Canada". Il passe cependant la plupart de ses étés plus à l'est : à Greensboro, dans le Vermont.
Il étudie d'abord à l'université d'Utah, où il obtient un Bachelor of Arts, puis fait son master et son doctorat à l'université d'Iowa. Une fois diplômé, il enseigne dans plusieurs universités, dont l'université du Wisconsin et Harvard, avant de créer un département de creative writing à Stanford, qu'il dirige de 1945 à 1972. On compte parmi ses élèves Larry McMurtry, Edward Abbey, Raymond Carver et Thomas McGuane.
C'est en 1937 qu'il publie son premier roman, "Une journée d'automne". Il est suivi par trois autres, puis, en 1943, Wallace Stegner rencontre son premier succès critique et populaire avec "La Montagne en sucre". Parmi ses romans les plus notables, on peut notamment citer "The Preacher and the Slave" (1950 - plus tard rebaptisé "Joe Hill : A Biographical Novel"), "Une étoile filante" (1961), "L'Envers du Temps" (1961), et "En lieu sûr" (1987).
Acclamé par la critique, Wallace Stegner est couronné par le Prix Pulitzer de la fiction en 1972 pour "Angle d'équilibre" (1971) et par le National Book Award en 1977 pour "Vue cavalière" (1976).
Il s'est aussi consacré à des essais, abordant des sujets très variés. On trouve notamment, parmi ses textes de non-fiction, deux histoires de l'implantation des Mormons dans l'Utah, une biographie de l'explorateur et naturaliste John Wesley Powell, ainsi qu'une histoire des débuts de l'exploitation pétrolière au Moyen-Orient. Engagé en faveur de l'environnement, il a co-fondé, en 1962, le Commitee for Green Foothills, une organisation non-gouvernementale qui agit au niveau local pour protéger les "collines, forêts, baies, marécages et zones côtières" de la péninsule de San Francisco. Le recueil "Lettre pour le monde sauvage" (2015) réunit douze de ses textes consacrés à des réflexions sur l'environnement et la nature.
Wallace Stegner décède en 1993 des suites d'un accident de voiture à Santa Fe, au Nouveau-Mexique.
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L'histoire :
La jeune et jolie Elspeth MacLeod arrive de son Ecosse natale pour s'installer en Amérique, dans une ferme du Midwest, chez sa soeur Margaret et son beau-frère Alec. Dans cette grande bâtisse austère, Eslpeth apporte une fraîcheur et une naïveté qui tranchent avec la rigueur puritaine de la maîtresse de maison. Alec n'y est pas insensible...
Mon avis :
Tout commence dans un bol de guimauves, mais très vite le sucre tourne à l'aigre et l'histoire prend une amplitude dramatique et douloureuse. Deux êtres vont s'aimer d'un amour impossible. Autour d'eux, les coeurs vont s'éteindre, les voix se taire, les joies s'envoler. Quelle peut être l'issue à toutes ces blessures infligées ? Avec subtilité, l'auteur s'empare des sentiments les plus intimes et profonds de chacun de ses personnages. Un roman très émouvant !
mercredi 15 septembre 2021
"Céline" de Peter Heller (Babel)
Peter Heller est né en 1959 à New York. Poète, grand reporter nature et aventure, ardent pratiquant du kayak, de la pêche et du surf, et adepte des voyages à sensations fortes, Peter Heller est devenu romancier avec son page-turner post-apocalyptique et néanmoins solaire "La constellation du chien" (Actes Sud, 2013) et salué comme une révélation. Talent confirmé par "Peindre, pêcher et laisser mourir" (Actes Sud, 2015), son troisième roman "Céline" (Actes Sud, 2015 et 2019) est certainement inspiré par sa mère à qui il voue une belle admiration. Il vit actuellement à Denver.
L'histoire :
En 2001, lors des attentats du 11 septembre, quand Céline vit de chez elle, à Brooklyn, les tours jumelles s'effondrer, au-delà de l'horreur et de la sidération s'ajoutait une autre douleur, le souvenir de ses soeurs, toutes deux décédées en cette année maudite. Regarder la majesté des deux tours chaque matin lui rappelait Mimi et Bobby. Et voilà qu'elles aussi disparaissaient à jamais sous ses yeux.
Un an s'est écoulé depuis ces tragédies, et aujourd'hui, à soixante-huit ans, ancienne alcoolique, ancienne grande fumeuse souffrant d'emphysème, Céline se sent fragilisée. Aura-t-elle longtemps la force de continuer son activité ? Elle que l'on surnomme "la détective privée qui s'habille en Prada", une aristocrate au service des "causes perdues". Dans son milieu huppé, elle est considérée comme une originale, et ce n'est pas un compliment. Mais Céline s'en fiche tant que son carnet d'adresses mondaines lui donne un coup de pouce, à l'occasion, dans ses enquêtes. Aider les pauvres gens, retrouver des personnes disparues, réunir des familles, gracieusement s'il le faut, voilà ce qui compte vraiment pour elle.
C'est à ce moment de sa réflexion que Céline reçoit une visite qui va très vite lui rappeler de quel bois elle est faite et ce à quoi elle a consacré sa vie. Gabriela, jeune femme d'une quarantaine d'années, vient de passer deux décennies à rechercher en vain son père, Paul, photographe pour le National Geographic, disparu à Yellowstone il y a vingt ans et déclaré mort bien que son corps n'ait pas été retrouvé. L'homme aurait été attaqué par un grizzly, mais sa fille n'a jamais cru à cette histoire, son père était trop aguerri pour se laisser surprendre par un ours. Céline est son dernier espoir.
La détective privée accepte l'affaire, soutenue par Pete, son adorable mari rencontré aux Alcooliques Anonymes. Le couple s'envole pour Denver. Ils vont retrouver Hank, le fils unique et tant aimé de Céline. Mi-amusé, mi-inquiet, Hank accepte de leur prêter son camping-car tout équipé qui doit les mener sans encombre à destination, quelque part entre le Wyoming et le Montana...
Mon avis :
Comme j'ai aimé les personnages de la volcanique Céline et de son amour de mari Pete !!! Quel roman formidable, sensible et généreux !!! L'histoire se déroule sur les deux dernières semaines de septembre, ce temps où l'automne éconduit l'été et prend doucement sa place. Les paysages sont de toute beauté. L'intrigue, solide et captivante, mène les deux héros dans un road-trip à la fois divertissant et intelligent. La vieillesse est abordée avec beaucoup de drôlerie et de tendresse. L'auteur n'hésite toutefois pas à égratigner ici et là les écueils de la société américaine. Grand coup de 🧡 !!!
mercredi 8 septembre 2021
"Plateau" de Franck Bouysse (Livre de Poche)
Franck Bouysse est un écrivain né en 1965 à Brive-la-Gaillarde. Il a enseigné la biologie et l'horticulture avant de se consacrer à sa passion pour l'écriture. Il a publié une quinzaine de romans dont "Grossir le ciel" (2014), couronné par de nombreux prix (Prix SNCF du polar 2017, Prix Sud-Ouest du polar 2016...), et "Né d'aucune femme" (Prix des libraires 2019, Prix Babelio 2019, Grand Prix des lectrices de Elle 2019...). Il partage aujourd'hui sa vie entre Limoges et un hameau de Corrèze.
Extrait :
"Ici, c'est le pays des sources inatteignables, des ruisseaux et des rivières aux allures de mues sinuant entre le clair et l'obscur. Un pays d'argent à trois rochers de gueules, au chef d'azur à trois étoiles d'or. Ici, c'est le Plateau."
L'histoire :
Trois fermes dans un hameau isolé, au Plateau de Millevaches, dans le Massif central. La ferme de Virgile : sur ces terres depuis plusieurs générations, sa femme Judith et lui à présent âgés et malades - lui perd la vue et elle s'enfonce dans la maladie d'Alzheimer -, ils n'attendent plus grand-chose de la vie. La ferme de Georges : recueilli à quatre ans par son oncle Virgile à la mort accidentelle de ses parents, aujourd'hui adulte, paysan à son tour et célibataire, Georges ne parvient toujours pas à entrer dans la maison familiale et habite tout près de là dans une caravane. Et la ferme de Karl : la soixantaine, célibataire, arrivé il y a peu au Plateau, très bon chasseur, ancien bourlingueur, proche de Virgile, il reste néanmoins secret sur son passé. L'arrivée imprévue de Coralie, nièce de Judith, fuyant son ex-mari violent, va bouleverser la routine en apparence paisible de ce trio masculin et pousser chacun à tomber le masque...
Extrait :
"Regarde, comme elles sont toutes piquées, ces pommes, pleines de défauts, mais c'est pourtant pas à toi que je vais apprendre le goût qu'elles ont... bien meilleures que celles qui en ont pas... des défauts."
Mon avis :
Chaque roman de Franck Bouysse est un poème en prose. Rien n'échappe à sa plume, de l'âme de la faune et de la flore à l'âme humaine. On frémit pour ses personnages, tous un peu chasseurs, tous un peu proies, tous un peu héros, tous un peu salauds. C'est féroce, c'est beau, et c'est encore un coup de ♡ pour moi dans l'oeuvre de ce romancier !!!
A lire également :
mercredi 1 septembre 2021
"Les Mal-aimés" de Jean-Christophe Tixier (Livre de Poche)
Prix Méditerranée polar du premier roman 2019
Jean-Christophe Tixier est né en 1967 à Pau. Après vingt ans passés dans l'enseignement et la formation, il se consacre aujourd'hui totalement à l'écriture. Il a écrit une trentaine de romans dans des genres et pour des âges différents. Il est aussi l'auteur de nouvelles et de fictions radiophoniques qui ont été diffusées sur France-Inter. Début 2019 sont parus un roman adulte et une bande-dessinée dont il a écrit le scénario. Désormais, il partage son temps entre Pau et Paris.
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Quelques mots d'Histoire
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| (Eglise de Vailhauquès) |
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L'histoire :
Vailhauquès, 24 février 1884
Les gosses quittent le bagne. Libres. Mais pour quelle autre prison ? Rachitiques, hagards, affamés, ils suivent les hommes armés sur le chemin sans connaître la destination, marchent dans la neige, grelottent. Au loin, un des gamins reconnaît le visage de la cantinière qui leur servait une soupe claire comme de l'eau en guise de repas ; celui de la lingère qui obligeait les punis à rincer le linge pendant des heures dans l'eau glacée du lavoir ; celui du gardien qui chaque soir choisissait une cellule différente mais d'où ils entendaient toujours les mêmes cris et les mêmes interminables sanglots.
Sur le bord de la route, une petite fille leur fait un signe de la main mais personne ne répond à son geste. De cet endroit de cruauté et de mort, au pied de la montagne, il leur en restera la mémoire. Et elle ne s'effacera jamais.
"Il se prend à espérer que jamais la bâtisse ne s'effondrera. Car il sait que tant qu'elle sera debout, ses murs épais garderont la mémoire de ce qu'ils ont vu et entendu. Tant qu'elle tiendra bon, les gens d'ici se souviendront. Et jamais ils ne pourront passer à autre chose. Jamais personne n'oubliera."
Dix-sept ans plus tard, à l'ombre des hauts murs noircis du bagne, la population de Vailhauquès a peur. Des phénomènes étranges et inexpliqués se multiplient : lueurs dans le cimetière, animaux malades, accidents mortels, feux de meules de foin... Les rumeurs se répandent. Pour certains, c'est l'oeuvre du diable. Pour d'autres, c'est pire encore : ce sont les enfants qui reviennent...
"Le diable. Les gens de la campagne ont toujours eu besoin d'attacher un mot ou une présence à chaque acte qui leur échappe."
Mon avis :
"Les Mal-aimés" est le genre de livres que l'on veut lire jusqu'au bout parce qu'il est vraiment beau mais que l'on tient à bonne distance des lunettes, comme si des éclaboussures de malheur pouvaient nous atteindre au-delà du papier et de l'encre des mots. Les monstres sont autant présents à l'intérieur du "bagne" qu'à l'extérieur. Chaque ferme de cette petite communauté rurale occitane de la fin du XIXème siècle abrite son lot de secrets inavouables. On espère en vain un peu de couleur dans cette peinture très noire d'une ruralité isolée, rompue à ses plus bas instincts primaires, et où le mot "Amour" n'a aucun sens. En tête de chaque chapitre, Jean-Christophe Tixier a eu l'excellente idée de rappeler le nom de quelques petits martyres du "bagne" et de retranscrire des extraits glaçants des registres d'écrou. En leur mémoire...
Coup de ♡ et coup au coeur...
mercredi 25 août 2021
"Le Goût du bonheur : Gabrielle" de Marie Laberge (Pocket)
Marie Laberge est une dramaturge, romancière, comédienne, scénariste et metteure en scène née en 1950 au Québec. Après des études en journalisme, elle se consacre aux activités théâtrales et entre au Conservatoire d'art dramatique du Québec. Elle joue dans différentes pièces de théâtre à Québec, avant de faire de la mise en scène et d'enseigner l'art dramatique. Auteure d'une vingtaine de pièces et de plusieurs romans - dont "Le Goût du bonheur", trilogie parue aux éditions Anne Carrière en 2006 et vendue à plus de 500 000 exemplaires au Québec -, Marie Laberge édifie depuis plus de vingt ans une oeuvre riche en émotions, caractérisée par sa fine analyse du tourment affectif, s'ancrant solidement dans la réalité et l'histoire du Québec, et qui lui vaut une large audience tant au Québec qu'en Europe. En 2016, elle a publié "Ceux qui restent", chez Stock, suivi, en 2017, du "Poids des ombres", chez le même éditeur.
"Gabrielle" (877 pages) est le premier tome de la trilogie "Le Goût du bonheur". Suivent "Adélaïde" (949 pages) et "Florent" (1103 pages).
Ile d'Orléans, 1930
Depuis trois ans, Gabrielle, ses cinq jeunes enfants (Adélaïde, Fabien, Béatrice, Rose et Guillaume) et sa soeur Germaine, célibataire, viennent passer les vacances d'été à Sainte-Pétronille, sur l'île d'Orléans, en aval de la ville de Québec, dans l'estuaire du fleuve Saint-Laurent, dans la maison qui appartenait autrefois à ses parents. Edward Miller, son mari, heureux de rejoindre sa famille, l'est plus encore depuis que sa femme lui a annoncé qu'elle était enceinte de leur sixième enfant. Outre la joie d'accueillir un nouveau bébé, cela veut dire, pour les époux, une pause estivale bienvenue durant laquelle ils pourront s'aimer librement.
Car, contrairement aux usages, Gabrielle et Edward ont fait un véritable mariage d'amour et se désirent mutuellement. Face aux conventions sociales, morales et religieuses puritaines et rigoristes de l'époque, leur bonheur conjugal et l'éducation partagée et tendre qu'ils offrent à leurs enfants sont regardés avec un mélange d'envie, de suspicion, d'incompréhension, voire de totale réprobation. Leur fille aînée, Adélaïde, à seulement sept ans, suscite bien des reproches à cause de sa sensibilité affirmée, son caractère obstiné et son amitié pour le petit Florent, fils délaissé d'une domestique.
Si Gabrielle insuffle à ses enfants sa joie de vivre et sa générosité, Edward, toujours présent à ses côtés, est un parent investi et attentif au bonheur de sa famille. De père canadien français catholique et de mère américaine d'origine irlandaise, élevé dans l'Amérique protestante, revenu ensuite au Québec où il a épousé une jeune fille canadienne française catholique, sa culture plurielle pèse sans doute favorablement sur son ouverture d'esprit peu commune pour sa génération. Avocat spécialisé en droit commercial, son cabinet bénéficie, hélas, du krach boursier de New York en 1929. Chaque jour, Edward est confronté à des détresses humaines terribles. Les faillites se multiplient. Chômage et misère sociale broient des milliers de vies.
C'est dans ce contexte dramatique que les Miller vont apporter leur aide à Georgina, l'autre soeur de Gabrielle, à son mari Hector, entrepreneur ruiné par la crise, et à leurs deux filles, Reine et Isabelle, adolescentes habituées au confort matériel et financier...
Mon avis :
Tous les ingrédients du genre sont réunis dans cette saga familiale romanesque intelligente et qui porte bien son titre, "Le Goût du bonheur", car oui, c'est bien du bonheur que cette histoire diffuse page après page. Dans l'Histoire sans être un roman historique, contée en français québécois à la musicalité savoureuse, cette fresque suit dans leurs joies et leurs peines une poignée de personnages vibrants et attachants, avec en tête le couple "Gabrielle et Edward" diablement sensuel et sympathique, et dépeint à échelle humaine la société québécoise de la première moitié du XXème siècle et les mouvements sociaux et économiques qui l'ont agitée.
C'est avec beaucoup de plaisir que je continue dès maintenant l'aventure avec "Adélaïde" et "Florent" !!! ♡♡♡
mercredi 18 août 2021
"Bellefleur" de Joyce Carol Oates (Livre de Poche)
Joyce Carol Oates est née en 1938. Elle a publié son premier roman en 1963. Son père travaillait pour la General Motors et c'est à Detroit, au début des années 1960, qu'elle découvre la violence des conflits sociaux et raciaux. Devenue professeure de littérature à l'université de Princeton, elle poursuit la plus prolifique des carrières littéraires : une trentaine de romans ("Le Jardin des délices", 1967 ; "Un amour noir" et "Man Crazy", 1999 ; "Blonde", 2000), des nouvelles ("Mariages et Infidélités", 1972), des pièces de théâtre, des essais ("Contraires", 1981), de la poésie. Son oeuvre analyse des personnages incertains de leur identité et prisonniers de la mécanique sociale, en quête d'un sens qui ne peut venir que d'une action toujours placée dans le cadre de rapports humains qui relèvent tous de la prédation.
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Héraclite d'Ephèse
Philosophe grec (vers 550 - vers 480 avant J.-C.). Sa philosophie est fondée sur le changement, la transformation, qu'il appelle "flux". L'être est fait tout entier de cette mobilité qui unit dans son élan les éléments contraires au moyen de ce que Héraclite appelle le "logos", qui est à la fois lutte et union des contraires.
"L'Obscur". Tel est le surnom dont Héraclite a été affublé dès l'Antiquité, et dont il ne s'est jamais défait. Son caractère ténébreux semble avoir en partie contribué à cette réputation. L'homme, qui vient d'une famille illustre originaire d'Ephèse (en Ionie), se serait toujours opposé à la démocratie et passe volontiers pour un misanthrope sombre et hautain auprès de ses contemporains. C'est cependant aussi et surtout son écriture qui est difficile, non seulement par son refus délibéré de toute ponctuation mais encore parce qu'elle est porteuse d'une pensée dont le sens est loin d'être toujours explicite. Exprimée à travers les quelques "Fragments" qui nous restent, les formules d'Héraclite sont en effet souvent des phrases sèches et sentencieuses ou des aphorismes qui laissent une large place à l'interprétation. On connaît le fameux "On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve" qui dit l'irréversibilité des choses et leur changement perpétuel, mais que signifie exactement la formule "Le temps est un enfant qui joue en déplaçant les pions : c'est la royauté d'un enfant" ?
Avec Parménide dont il est le contemporain, Héraclite est l'autre grande figure des premiers temps de la philosophie. Les deux sages, pourtant, adoptent des positions philosophiques radicalement opposées dans la mesure où l'intuition fondamentale d'Héraclite est celle du mouvement sans cesse renouvelé, du devenir universel. Pour lui, rien ne demeure ce qu'il est à l'identique mais passe en son contraire, et l'on ne peut donc pas considérer que telle ou telle chose "est" ainsi plutôt qu'autrement puisque tout devient, continuellement. L'ordre du monde - qu'il appelle logos - est le produit d'un équilibre instable entre les éléments, d'une guerre permanente symbolisée par le feu, qui apparaît comme le principe fondamental de l'univers. Le feu est en effet ce qui donne naissance et ce qui détruit en même temps ; il est par excellence ce qui amène le mouvement.
Deux millénaires plus tard, Hegel dira son admiration pour Héraclite pour avoir eu l'intuition de cette tension, de cette conflictualité et finalement de cette identité des contraires, qui infusera largement sa propre conception de la pensée dialectique.
(cf Philosophie Magazine)
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Extrait :
"Car il existe, d'après l'énorme monographie intitulée Une hypothèse sur l'antimatière, écrite par le professeur Bromwell G. Bellefleur, des fissures dans la matière du temps, des "portes" qui relient cette dimension à un univers de miroir composé d'êtres identiques (et pourtant non apparentés, opposés, totalement distincts).
[...]
Une hypothèse sur l'antimatière. Huit cents pages, longues, denses, recouvertes de la petite écriture chaste et rigoureuse des Bellefleur, et de centaines d'équations, de graphiques, de croquis et de griffonnages impatients, désespérés, qui donnent l'image de la sombre thèse de l'ouvrage. Préfacée par une observation d'Héraclite, énigmatique et librement traduite, sur la nature du temps : ou plutôt, sur la nature de notre conception du temps."
L'histoire :
Le temps a fait son oeuvre sur les pierres du manoir des Bellefleur, communément appelé "le château". Construit par Raphael Bellefleur au début du XIXe siècle sur les rives du Lac Noir, dans le Comté de Chautauqua (Etat de New York), mal entretenu et endommagé par les intempéries, les mauvaises herbes, les animaux sauvages et les nuisibles, si le château a perdu de sa superbe, il a été et restera la demeure d'une longue lignée de Bellefleur. Aujourd'hui, il réunit dans ses entrailles encore cinq générations. Son style gothique et surchargé, ainsi que la personnalité fantasque, trouble et mélancolique de la famille alimentent depuis toujours les plus folles rumeurs et superstitions.
Ce soir d'automne, les murs vétustes de la vieille bâtisse viennent d'essuyer un violent orage qui a terrifié les plus jeunes et inquiété les plus âgés. Alors que le vent s'apaise et que chacun rejoint enfin sa chambre, Leah, la jeune épouse de Gideon Bellefleur, dans un geste généreux, et peut-être imprudent, ouvre la porte à un inconnu. Pour le reste de la famille, c'est une malédiction...
Mon avis :
Il y a tant à dire sur ce roman !!! Lecture au long cours (971 pages), l'histoire se compose d'une mosaïque de plusieurs dizaines de courts chapitres et autant de récits et d'anecdotes sur chacun des membres de la famille Bellefleur sur sept générations. Les descriptions sont précises et soignées. Teintées de magie et de fantastique, elles dégagent une atmosphère singulière. C'est dense, mystérieux, labyrinthique, angoissant, et terriblement excitant !!!
On chemine à travers le temps, thème narratif du livre. Joyce Carol Oates se réfère à la philosophie d'Héraclite et s'appuie sur une réflexion nourrie autour de cette thématique : le temps objectif (la chronologie, l'astronomie, le climat, le cycle menstruel, la maternité), le temps subjectif (la psychologie, l'émotion, le vécu, la perception du temps), la mesure du temps (la durée).
En illustration, la romancière évoque des essais publiés par son personnage Bromwell Bellefleur dans "La Revue de l'étude du temps", l'édredon "La pendule céleste" cousu par Mathilde, ou bien encore la grosse montre de Gideon. Elle ajoute à son ambiance gothique et horrifique de nombreux clins d'oeil et allusions à un texte de son enfance qui lui est cher, "Alice au pays des merveilles" de Lewis Carroll (le chat, la paire de gants, la montre, la marre aux larmes - ici l'étang du Vison -, le bestiaire, les anniversaires, le miroir, le jeu de cartes...).
Brillant, évidemment !!!
A lire également de Joyce Carol Oates :
mercredi 11 août 2021
"Saga parisienne" : "Un balcon sur le Luxembourg (1942-1958)" + "D'une rive à l'autre (1959-1981)" + "Au rendez-vous de L'Heure bleue (1981-2003)" de Gilles Schlesser (Pocket)
Gilles Schlesser est un écrivain français né en 1944. Il est le fils d'André Schlesser, un des fondateur du célèbre cabaret parisien L'Ecluse (1951-1975), et le père de Thomas Schlesser, historien de l'art. Auteur de plusieurs romans, dont les polars "Mortelles voyelles" (2010), "La mort n'a pas d'amis" (2013), "Mortel Tabou" (2014), "Sale Epoque" (2015) et "La Liste Héraclès" (2016) aux éditions Parigramme, Gilles Schlesser a également publié "Le Cabaret ❞rive gauche❞ " et une biographie de Mouloudji aux éditions de L'Archipel (2009).
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Contexte historique :
Lorsque la guerre commence en septembre 1939, la France est sous la Troisième République et son président est Albert Lebrun. Edouard Daladier est président du Conseil et ministre de la Défense nationale. Alors qu'Hitler est en train de conquérir l'Europe, l'armée française reste passive, à l'exception de quelques avancées en Sarre optant pour une stratégie défensive grâce à la ligne Maginot. C'est la "drôle de guerre".
Le 22 mars 1940, Paul Reynaud remplace Daladier à la tête du gouvernement. Le 28, il signe avec le Royaume-Uni un accord par lequel les pays s'engagent réciproquement à ne pas signer de paix séparée avec l'Allemagne. Mais l'armée allemande progresse. Reynaud démissionne et le président Lebrun nomme le maréchal Philippe Pétain à la tête d'un nouveau gouvernement. Celui-ci demande aussitôt l'armistice, signée avec l'Allemagne le 22 juin 1940. La France va être coupée en deux, la zone nord, dite "zone occupée", administrée par la Wehrmacht, et la zone sud, dite "zone libre", sous contrôle de l'Etat français. Le 2 juillet, Pétain déplace le gouvernement français de Bordeaux, qui est dans la zone occupée, pour l'établir à Vichy.
Dès l'annonce de l'armistice, Charles de Gaulle rallie Londres et appelle à la Résistance et à continuer le combat aux côtés du Royaume-Uni ("appel du 18 juin 1940") : c'est la naissance de la France libre. De 1940 à 1944, la France est divisée entre régime de Vichy et Résistance.
Les Allemands occupent Paris le 14 juin 1940, investissent les plus beaux bâtiments et l'oriflamme nazie flotte partout. Les Parisiens vont connaître la dictature, les pénuries, les rationnements, le froid, la faim, la peur, les persécutions et les rafles de Juifs. Jusqu'à la Libération le 24 août 1944.
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Le début de "Saga parisienne" :
Paris, 1942
La famille Ormen est originaire de Fontenay-aux-Roses, dans la banlieue sud de Paris. Le père, Valentin, y vit toujours, dans sa villa, avec sa seconde épouse, Odette Russier. C'est grâce à la Première Guerre mondiale que l'entreprise de polissage de métaux Ormen a prospéré. Le pays avait besoin d'obus. Puis, sa plus grande usine, à Bagneux, a été bombardée par les Allemands en juin 1940. Malgré cette perte, les Ormen restent fortunés.
Quand elle a épousé Valentin, Odette avait un fils d'une dizaine d'années, Olivier, de père inconnu. De sa première union, Valentin Ormen a eu quatre enfants : Pierre, Jean-Noël, Amédée et Amélie qui ont aujourd'hui entre dix-huit et trente ans. Sous la pression de Pierre, seize ans à l'époque du remariage de son père, Valentin a renoncé à adopter Olivier.
Quand Jean-Noël a rejoint Londres après l'appel du général de Gaulle, Amédée, lui, voulait ouvrir une salle de sport. Alors son père lui a offert une bâtisse à retaper à Levallois. Valentin deviendrait fou s'il apprenait que son troisième fils s'est rapproché d'une bande de malfrats collaborateurs et que le sous-sol de la salle de sport sert d'entrepôt pour des biens pillés aux Juifs.
Pierre Ormen, l'aîné de la fratrie, habite au cinquième étage d'un immeuble rue de Vaugirard, près du jardin du Luxembourg et du palais du Luxembourg devenu état-major de la Luftwaffe. Blessé à la jambe au front de septembre 1939 en région sarroise pendant la "drôle de guerre", romancier et agent de liaison pour la Résistance, Pierre est marié à Ariane, couturière et créatrice de costumes pour le théâtre. Ils ont trois jeunes enfants, Marie et les jumeaux Julien et François.
Les voisins de Pierre et Ariane sont Isidore et Eliane Bronville, de leurs vrais noms Isaac et Esther Bronstein. Le couple a deux enfants, David et Sarah, et un troisième petit bientôt. Isaac Bronstein, proche d'Odette Ormen-Russier, est notaire et collectionneur de tableaux de maîtres qui ornent les murs des deux appartements du quatrième étage que sa famille occupe.
Au sixième étage, dans une chambre de bonne, loge Amélie Ormen. Partie de la villa de Fontenay-aux-Roses après une violente dispute avec son père, Pierre s'est proposé de veiller sur sa petite soeur.
Dans l'immeuble, tout le monde s'entraide. Les Bronstein partagent de la nourriture et Ariane Ormen rapporte des vieux costumes de L'Atelier qui les réchauffent tous quand il fait trop froid.
Les mois passent. Et puis en juillet, les drames se succèdent.
Un soir, Amélie se plaint soudain de terribles maux de ventre et perd beaucoup de sang. Sa belle-soeur comprend très vite la situation. La jeune fille met au monde une petite fille. Personne n'avait rien remarqué et Amélie refuse de croire à sa grossesse et à cette naissance. Si l'enfant se porte bien, l'état psychique de sa mère est inquiétant. Son hospitalisation en soins psychiatriques est indispensable. Elle est suivie par un ami de la famille Ormen, le Docteur Bompart. Ce dernier juge nécessaire de révéler à Pierre que sa soeur a été violée neuf mois plus tôt par un homme qu'il connaît bien.
Quelques jours plus tard, dénoncés, Isaac, Esther, David, Sarah et le nourrisson Rebecca Bronstein sont arrêtés et emmenés au Vélodrome d'Hiver par des policiers et des gendarmes français, et tous leurs objets de valeur, dont "L'Heure bleue", une oeuvre de Picasso, sont emportés. Pierre et Amélie n'ont rien pu faire pour empêcher cette tragédie qui aura raison du fragile équilibre familial que tentait de maintenir Valentin Ormen...
Mon avis :
Lire ce roman, c'est un peu comme feuilleter une encyclopédie illustrée ou les archives d'un journal. Tous les événements marquants de l'époque évoquée sont cités. Non sans nostalgie parfois, nous croisons toutes les personnalités du monde artistique, littéraire, intellectuel, musical, politique et économique du moment, et un certain nombre de produits de consommation populaires nous reviennent en mémoire. Les références sont particulièrement abondantes. C'est agréable, intéressant et instructif. Mais ce n'est pas suffisant pour être captivant. L'écriture trop froide, trop factuelle met les sentiments à distance. L'ensemble manque de dynamisme romanesque et les personnages peinent à émouvoir. De plus, le deuxième tome contient beaucoup de répétitions du premier. Aussi, je n'ai pas poursuivi plus loin.
📚 Dans un genre similaire, je ne saurais que trop vous conseiller le formidable Prix Goncourt des Lycéens 2009 "Le Club des Incorrigibles Optimistes" de Jean-Michel Guenassia (Livre de Poche), et le délicieux Prix Marguerite-Duras 2008 "Les Années" d'Annie Ernaux (Folio)
mercredi 4 août 2021
"Le fils" de Philipp Meyer (Livre de Poche)
Prix Littérature-monde étranger 2015
Finaliste du Prix Pulitzer de la fiction 2014
Philipp Meyer est un écrivain américain né en 1974 à New York et qui a grandi dans la banlieue de Baltimore. Il est reconnu comme l'un des écrivains les plus doués de sa génération. Lauréat du Los Angeles Times Book Prize pour son premier roman, "Un arrière-goût de rouille" (Denoël, 2010), il a rencontré un formidable succès avec son deuxième livre, "Le fils", salué par l'ensemble de la presse américaine comme l'un des cinq meilleurs romans de l'année 2013. Finaliste du Prix Pulitzer de la fiction en 2014, le roman sera traduit en plus de vingt langues.
✰✰✰
Quelques mots sur le Texas...
Le Texas est le plus vaste Etat (en dehors de l'Alaska) des Etats-Unis d'Amérique. L'Ouest, aride, appartient aux Grandes Plaines, formées de plateaux étagés (Llano Estacado, plateau d'Edwards, plateau Comanche). L'Est, humide, comprend une partie de la plaine côtière. Des deltas forment une plaine marécageuse bordée de lagunes fermées par des cordons littoraux. Houston reste la ville la plus dense bien qu'Austin en soit la capitale. La particularité du Texas est qu'il appartient à plusieurs ensembles régionaux : à la Sun Belt (économie), au Far West (paysages et folklore) et au Sud (histoire et culture).
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| Austin |
Avant l'arrivée des Européens, le Texas était la terre de plusieurs peuples indiens : Alabamas, Apaches, Aranamas, Atakapas, Caddos, Comanches, Coahuiltecans, Cherokees, Chactas, Coushattas, Hasinais, Jumanos, Karankawas, Kickapous, Kiowas et Wichitas.
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| Quanah Parker - Chef des Comanches |
Découvert par les Espagnols au XVIe siècle, le territoire releva de la vice-royauté de la Nouvelle-Espagne jusqu'en 1821, puis devint un Etat de la République fédérale mexicaine. Le Texas connut alors une forte colonisation américaine (comme les "Old Three Hundreds", colonie de 300 familles implantées par Stephen Fuller Austin) et s'opposa à la dictature du général mexicain Santa Anna. Du 23 février au 6 mars 1836, l'armée mexicaine assiège et prend d'assaut le Fort Alamo dont tous les défenseurs sont tués. Parmi eux, Davy Crockett, James Bowie et William Barret Travis. Santa Anna sera vaincu à son tour sur les rives du fleuve San Jacinto. République indépendante éphémère, le Texas fut incorporé aux Etats-Unis en 1845.
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| 6 mars 1836 - Fort Alamo |
David, dit Davy Crockett (Rogersville, Tennessee, 1786 - Fort Alamo, Texas, 1836), député du Tennessee et membre du Congrès, soldat trappeur et héros populaire de l'histoire américaine)
Etat esclavagiste, le Texas participa aux côtés des Etats confédérés d'Amérique à la guerre de Sécession (1861-1865), puis connut une expansion lors des années de course aux champs pétrolifères. La population a plus que triplé depuis 1920 (croît naturel, immigration d'autres Etats de l'Union et du Mexique), progression liée à l'essor économique. A l'agriculture (céréales, coton, fruits), parfois irriguée, et surtout à l'élevage (bovins) et à l'exploitation du sous-sol (le tiers du pétrole et la moitié du gaz naturel du pays) se sont ajoutées les branches de transformation (chimie, agroalimentaire), des industries de pointe (aéronautique, électronique), implantées notamment dans les deux métropoles majeures, Dallas et Houston.
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"Le fils" de Philipp Meyer :
Comment résumer un tel chef-d'oeuvre sans prendre le risque d'en dévoiler un seul élément-clé ?
"Le fils" est une fresque ambitieuse et flamboyante qui balaie toute l'Histoire du Texas, terre de plusieurs peuples indiens avant l'arrivée des Européens, jusqu'à nos jours. Pour son récit, Philipp Meyer s'appuie sur le destin de trois membres d'une même famille. Trois époques. Trois générations. Trois voix.
La voix d'Eli McCullough, dit "le Colonel". Fondateur de la dynastie et pour toujours son maillon fort, Eli McCullough est né le 2 mars 1836, jour où fut ratifiée la déclaration d'indépendance du Texas. Enlevé à l'adolescence par les Comanches, ses trois années de captivité lui forgeront une carapace de fer.
La voix de Peter McCullough, fils maudit d'Eli. Sa sensibilité, son humanité et sa volonté de ne pas ressembler à son père lui feront prendre d'autres chemins que ceux tracés par le Colonel et, pour cela, ce dernier, être inflexible et sans pitié, le reniera.
Et enfin, la voix de Jeanne Anne, petite-fille de Peter, le renégat, et arrière-petite-fille d'Eli, le patriarche, qu'elle a connu très vieux, qu'elle vénère, et à qui elle ressemble beaucoup. Milliardaire, à la tête d'un empire financier dans l'industrie du pétrole, femme puissante dans un monde généralement réservé aux hommes, aujourd'hui âgée de quatre-vingt-six ans, elle se souvient de son enfance, jette un regard froid et amer sur son parcours professionnel et sur sa vie personnelle, et s'interroge sur l'avenir de la famille McCullough et sur les conséquences inéluctables du passé.
Végétations luxuriantes, animaux sauvages, rivières, roches, désert, serpents, pêche, chasse, bisons, mustangs, ranchs, éoliennes, champs pétrolifères, guerres, Indiens, colons, Texans, Mexicains, secrets, haines, bravoure, poésie, littérature... Philipp Meyer, dont on salue le travail de documentation en amont, réunit tout cela, et plus encore, dans ce western moderne violent, réaliste et vertigineux.
Plus qu'un coup de💛, ce roman devient désormais un de mes "Indispensables" et j'embarquerais volontiers pour une seconde lecture afin d'en recueillir toute sa sève !!!
mercredi 28 juillet 2021
"L'emprise du passé" (J'ai lu) + "Les disparues de la lande" (Presses de la Cité) de Charlotte Link
Charlotte Link est née en 1963 à Franckfort-sur-le-Main, en Allemagne. Elle a publié son premier roman à l'âge de dix-neuf ans et a écrit des livres pour enfants, des nouvelles, des thrillers psychologiques, des romans (historiques pour la plupart) et de nombreux articles de magazines et de quotidiens. On lui doit plusieurs best-sellers adaptés pour la télévision allemande, dont la trilogie "Le Temps des orages" en 1999. En 2007, elle a reçu le prestigieux Goldene Feder (Plume d'Or) pour l'ensemble de son oeuvre.
Le 14 septembre 2001, un petit garçon de cinq ans disparaît. Heureux, il venait juste de recevoir un vélo pour son anniversaire.
En février 2014, Richard Linville, policier à la retraite, est sauvagement assassiné dans sa maison de Scalby, petit village du Yorkshire. Trois mois plus tard, Kate Linville, sa fille unique, sergent détective à Scotland Yard, arrive de Londres pour suivre l'enquête aux côtés de l'inspecteur Caleb Hale de la North Yorkshire Police.
Au même moment, chez eux, à Kingston upon Thames, près de Londres, Stella et Jonas Crane reçoivent, de bien mauvaise grâce, Terry Malyan, la mère biologique de leur fils Sammy, et son nouveau compagnon. Stella et Jonas ont un curieux pressentiment et se méfient du jeune couple mal assorti. Terry Malyan n'avait donné aucune nouvelle depuis l'adoption et, soudain, elle décide de rendre visite à Sammy pour son cinquième anniversaire. Les Crane sont inquiets...
Ce 14 octobre 2017, dans la lande de Scarborough, Yorkshire, des promeneurs ont découvert le cadavre d'une adolescente, Saskia Morris, disparue depuis un an. L'inspecteur Caleb Hale, de la police locale, dirige l'enquête.
Par le plus grand des hasards, Kate Linville, sergent détective à Scotland Yard, vient d'arriver de Londres. Les locataires qui occupaient la maison de ses parents à Scalby, près de Scarborough, se sont envolés après avoir complètement saccagé les lieux. Pendant les travaux de nettoyage et de rénovation qu'elle doit engager, la jeune femme s'installe au Bed & Breakfast des Goldsby.
Les événements vont alors se précipiter. Amelie Goldsby, quatorze ans, fille des propriétaires du B&B, disparaît sur le parking du supermarché où elle attendait sa mère. Et le service d'aide sociale à l'enfance de Scarborough est sans nouvelle depuis une semaine de Mandy, âgée elle aussi de quatorze ans, benjamine des Allard, famille en grande précarité.
Certains journalistes ne manquent pas de faire le rapprochement entre ces disparitions et celle de Hannah Caswell, un soir de novembre 2013, à la gare de Scarborough où elle a été aperçue pour la dernière fois. Un seul corps, celui de Saskia Morris, a été retrouvé. Enlèvements ? Fugues ? Mauvaises rencontres ? La région est en émoi. Mais Kate Linville sait d'expérience qu'elle ne doit pas mettre son nez dans cette affaire qui est celle l'inspecteur Hale...
Mon avis :
Le premier tome traverse tout le Royaume-Uni, de Londres à Belfast, dans une cavale sanglante et angoissante. Le second tome est une course contre le temps, dans un suspense terriblement oppressant. L'ensemble est brillamment maîtrisé. Les chapitres s'enchaînent, haletants. Les intrigues sont fouillées, intenses, bouillonnantes. Les profils psychologiques sont minutieusement campés, aucun personnage ne laisse indifférent.
Charlotte Link traite et décortique des sujets graves, pointe les failles de la société dans sa globalité, démontre les implications et les conséquences de ces lacunes sur les individus ou groupes d'individus. Les thèmes abordés sont nombreux, mais la romancière ne tombe jamais dans la superficialité.
Enorme coup de coeur pour ce diptyque policier et pour cette plume que je découvre avec grand bonheur !!!
mercredi 21 juillet 2021
"Cottage, fantômes et guet-apens" de Ann Granger (10/18)
Ann Granger est née en 1939 à Portsmouth, en Grande-Bretagne. Auteure de romans policiers et historiques très prolifique, avec plus de trente romans parus en Angleterre, elle a rencontré un franc succès à l'international avec ses séries "Lizzie Martin" et "Campbell et Carter". Ann Granger a travaillé dans les ambassades britanniques de nombreux pays, dont la République tchèque, la Zambie et l'Allemagne. Elle vit désormais dans l'Oxfordshire.
L'histoire :
Le cadavre d'une jeune inconnue vient d'être découvert sur le terrain à l'abandon d'Eli Smith, près de l'ancienne ferme de ses parents, aujourd'hui refuge pour les corbeaux. Il y a trente ans, ce même lieu a déjà été le théâtre d'un terrible drame familial.
La propriétaire du centre équestre voisin, Penny Gower, a remarqué, la veille, une Mercedes grise garée juste devant la maison en ruine des Smith. Le conducteur s'est soudain écrasé dans son siège de crainte d'être vu. Penny a trouvé son attitude étrange et affirme qu'il ne s'agissait pas de quelqu'un du coin.
Une victime non identifiée et aucun indice. Pour démarrer son enquête, l'inspectrice Jess Campbell ne dispose que de ce témoignage. Et voilà qu'en plus, on lui annonce l'arrivée imminente du commissaire Carter, un nouveau chef qui va vouloir sûrement mettre son grain de sel dans sa façon de travailler. Ceci n'est pas pour adoucir son humeur...
Mon avis :
Sous ses atours de "cozy mystery", comme le suggère la jolie illustration naïve en couverture, cette enquête policière tient plus du roman noir que de la comédie légère et distrayante. Chaussez vos bottes de caoutchouc car au coeur de cette charmante campagne anglaise de carte postale, on avance dans la brume et la gadoue, et les fantômes tapis en chacun de nous ressurgissent. Dans cet endroit perdu du Gloucestershire, on remue la boue, au sens propre comme au sens figuré.
Les idées étaient séduisantes, tous les ingrédients étaient là, dans un décor parfait pour le genre, mais malheureusement la forme n'a pas suivi. Le rythme est lent et les personnages auraient mérité une esquisse psychologique plus fine et approfondie.
Premier tome d'une série autour du binôme "Campbell/Carter", pour ma part, je m'arrête ici, et je le regrette, car j'aurais vraiment aimé être plus enthousiaste...
mercredi 14 juillet 2021
"L'inconnu du Nord-Express" de Patricia Highsmith (Livre de Poche)
Patricia Highsmith est une romancière américaine (Fort Worth, Texas, 1921 - Locarno, Suisse, 1995)
Après son premier roman, "L'inconnu du Nord-Express" (1950), elle publie la série des Ripley ("Monsieur Ripley", 1955 ; "Sur les pas de Ripley", 1979) où elle démonte les mécanismes de la vie quotidienne. Le récit policier se centre sur le coupable, objet mouvant d'une étude psychologique, dans un style qui associe des origines classiques (Tchekhov, Tennessee Williams) à l'horreur la plus crue ("Le Journal d'Edith", 1977 ; "Le jardin des disparus", 1982) et où la limite entre animalité et humanité est indécise ("L'amateur d'escargots", 1975 ; "Le rat de Venise", 1977 ; "Les sirènes du golf", 1984). Son dernier roman, "Petit G" (1995) est publié après sa mort.
De très nombreuses adaptations cinématographiques, les plus fameuses étant "L'inconnu du Nord-Express" d'Alfred Hitchcock (1951), "Plein soleil" de René Clément (1960) et "L'ami américain" de Wim Wenders (1977), ont contribué à populariser l'univers de Patricia Highsmith. Un univers qui, s'il s'appuie sur les formes et les conventions du roman policier, sait aussi en jouer à merveille pour distendre au maximum le temps de la narration, et introduire le lecteur dans un univers équivoque où le dédoublement est la loi. Si elle a connu le succès avec "L'inconnu du Nord-Express" et la série des Ripley, Patricia Highsmith, "poète de l'angoisse plus que de la peur" (Graham Greene), est aussi l'auteure d'une oeuvre plus secrète, qui culmine avec "Le Journal d'Edith".
"L'inconnu du Nord-Express"
film américain (1951) réalisé par Alfred Hitchcock
sur un scénario de Raymond Chandler
avec Farley Granger, Ruth Roman et Robert Walker.
L'histoire :
Dans le train qui le mène à New York, Guy fait la connaissance de Charles Bruno, fils à papa bavard et indiscret dont il ne parvient pas à se débarrasser. Il suffit à Bruno de quelques minutes pour tout savoir sur Guy : que c'est un architecte prometteur de vingt-neuf ans, qu'il vit au Texas, est séparé de sa femme Miriam depuis trois ans, a une maîtresse, Anne, qu'il espère épouser mais Miriam bloque la procédure de divorce, raison pour laquelle Guy se déplace à New York. Quant à Bruno, jeune homme fantasque de vingt-cinq ans, il n'a pas de mots assez durs pour exprimer la haine qu'il ressent pour son père. L'alcool aidant, une étrange relation s'installe entre Guy et Bruno, et un plan macabre et pervers naît de leurs confidences réciproques...
"Hé ! Bon sang, quelle idée formidable ! Ecoutez : chacun de nous tue pour le compte de l'autre, vous comprenez ? Je tue votre femme et vous tuez mon père ! Nous nous sommes rencontrés dans le train et personne ne sait que nous nous connaissons ! Nous avons chacun un alibi parfait ! Vous saisissez ?"
Mon avis :
J'attendais ce rendez-vous estival avec impatience, mais à mon grand regret, cet "Inconnu du Nord-Express" m'a perdue sur le quai. Dans ce premier roman noir de Patricia Highsmith, fort de son énorme succès dès sa parution en 1950 et de plusieurs adaptations cinématographiques, malgré le duel psychologique d'anthologie entre les personnages principaux, je n'ai pas retrouvé la fraîcheur ni la profondeur de "Carol", que j'avais TELLEMENT aimé ! Comparer les deux textes tout au long de ma lecture a sans doute été mon erreur. Aussi je ne m'avoue pas vaincue. Je garde bien au chaud au creux de ma bibliothèque "L'inconnu du Nord-Express" pour un autre moment...
A lire également de Patricia Highsmith : "Carol"
mercredi 7 juillet 2021
"Meurtres et Pépites de Chocolat" + "Meurtres et Charlotte aux Fraises" de Joanne Fluke (le cherche midi)
Joanne Fluke est une romancière américaine née en 1943 à Swanville, dans le Minnesota. Diplômée en psychologie, elle écrit, dans les années 1980, sous le nom de Jo Gibson, des histoires d'horreur pour jeunes adultes. En 2000, avec "Meutres et Pépites de Chocolat", elle commence une série consacrée à Hannah Swensen, détective amateure et pâtissière. L'originalité de cette série est d'inclure des recettes de cuisine dans l'intrigue policière. "Meurtres et Pépites de Chocolat" et "Meurtres et Charlotte aux Fraises" ont été publiés en France aux éditions Le cherche midi au printemps 2021. "Meurtres et Muffins aux Myrtilles" et "Meurtres et Tarte au Citron meringuée" sont attendus en septembre 2021.
L'histoire de "Meurtres et Pépites de Chocolat" :
Il y a deux ans, à la mort de son père, Hannah Swensen a renoncé à sa carrière universitaire pour revenir auprès de sa famille à Lake Eden (Minnesota), petite ville paisible et sûre de son enfance. Aujourd'hui elle ne regrette en rien son choix. Par hasard, elle s'est découvert une passion pour la pâtisserie et a ouvert une boutique, le "Cookie Jar", où ses créations de biscuits originaux font les délices de toute la région.
Quant à son rapprochement familial, les choses ne se passent pas si mal, finalement. Sa mère, veuve d'un commerçant très estimé de Lake Eden (son père était quincailler), est devenue par son dynamisme un pilier de la ville. Le défaut, s'il en est un, de Delores, est de voir en chaque spécimen masculin célibataire qui croise son chemin un fiancé potentiel pour Hannah, sa fille aînée trentenaire. Andrea, la cadette, travaille pour l'agence immobilière "Lake Eden Realty". Elle a épousé le shérif adjoint du comté, Bill Todd, et le couple a une petite fille de quatre ans, Tracey. Michelle, la benjamine rebelle et la plus indépendante de la sororie, vit en Europe.
En ce petit matin frisquet de la mi-octobre, Hannah arrive tôt, comme chaque jour, pour préparer le café et les premières fournées de cookies avant l'ouverture à 8h. En installant la salle qui accueillera les clients pour le petit-déjeuner, la jeune femme s'étonne du retard tout à fait inhabituel du livreur de la laiterie "Cozy Cow". Ron LaSalle est invariablement là à 7h35 précises pour boire son café et emmener sa portion de gâteaux quotidienne.
Le "Cookie Jar" est le lieu où tout le monde se rencontre et se raconte les nouvelles et les petits potins. Inquiète, Hannah interroge les habitués pour essayer de retracer l'itinéraire de Ron ce matin. Il semble que sa jeune nièce Tracey soit la dernière à avoir aperçu Ron et sa camionnette dans la ruelle derrière la pâtisserie. Stupéfaite, Hannah se précipite dehors et découvre, en effet, avec horreur, le véhicule, la portière côté conducteur ouverte sur un pied ballant et, renversé sur le siège, le corps sans vie de Ron, sa chemise "Cozy Cow" ensanglantée...
L'histoire de "Meurtres et Charlotte aux Fraises" :
Les terribles tragédies d'octobre dernier ont secoué toute la petite bourgade. Lake Eden se remet petit à petit de ses émotions. Les derniers estivants ont quitté les cottages autour du lac. En décembre, la région se prépare à entrer dans la saison difficile. Les hivers sont rudes dans le Minnesota.
Heureusement, un événement exceptionnel vient sortir les habitants de leur torpeur. Clayton Hart, patron des farines Hartland, a décidé d'organiser un concours du meilleur pâtissier, le premier du genre, et a choisi Lake Eden pour le mettre en place. Si le succès est au rendez-vous, la manifestation pourrait devenir annuelle et être une aubaine pas seulement pour Hart mais aussi pour les commerçants de Lake Eden.
Hannah Swensen, patronne du "Cookie Jar", réputée pour ses succulents biscuits, est la présidente du jury. Les épreuves sont retransmises à la télévision et se déroulent parfaitement bien. Le premier prix est remis à la candidate qui a présenté une tarte au citron aux saveurs délicates. A la demande de Clayton Hart, Hannah clôt l'émission en réalisant en direct une charlotte aux fraises. Malgré sa nervosité, tout se passe sans encombre et le dessert est fort apprécié. Même Boyd Watson, sévère juré du concours, et habituellement coach sportif de Lake Eden craint pour sa franchise, ne tarit pas d'éloges pour son gâteau et en emporte une part généreuse pour son épouse clouée au lit avec un mauvais rhume.
De retour chez elle en fin de soirée, satisfaite de sa prestation qu'elle est en train de visionner, et espérant se reposer un peu, Hannah reçoit un appel téléphonique. Danielle Watson vient de découvrir son mari, Boyd, frappé à mort avec un marteau dans le garage de leur maison. Malheureusement, sur place, la police ne trouve aucun élément qui permette sans le moindre doute d'innocenter Danielle...
Mon avis :
Mélangez avec espièglerie une tasse de Miss Marple (d'Agatha Christie), un tumbler d'Agatha Raisin (de M.C. Beaton), un mug de Melinda Monroe ("Les chroniques de Virgin River" de Robyn Carr), un gobelet recyclable de Nora Linde (de Viveca Sten) et un grand bol d'Erica Falck (de Camilla Läckberg), vous obtiendrez la pétillante Hannah Swensen !!!
Léger comme une barbe à papa... Sucré comme un beignet à la confiture... Ne boudons pas notre plaisir ! L'ensemble est réjouissant et divertissant. Les pièces du puzzle s'assemblent harmonieusement. Malicieuse jusqu'au bout, Joanne Fluke glisse entre les pages de chaque tome une quinzaine de recettes gourmandes. De toute évidence, elle s'amuse beaucoup... et son enjouement est communicatif !!!
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